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Le Musée Transitoire est un espace d’exposition éphémère. Il s’inscrit dans des lieux en transition où les œuvres sont appelées à communiquer entre elles et à évoluer au fil du temps.


Le projet, fondé par l'artiste Romina Shama comme le prolongement de sa pratique artistique, est né d'une envie d’intégrer l'architecture et le son à la conception d'une œuvre empirique. Une œuvre qui multiplie les formes et superpose les savoirs pour approfondir sa prise de parole et décloisonner la vision tangible de l’œuvre d’art. Les lieux en transition sont l’expression physique et spatiale de ce dialogue impalpable.

Pour cette première édition, I would prefer not to, l’institution investit un garage désaffecté dans le 11ème arrondissement. 4000m2 d’espace d’exposition où les artistes et les œuvres choisies par les commissaires Romina Shama et Amandine Casadamont font écho avec le lieu, son histoire, son futur, ses matériaux et ses lignes.

Dans un monde ultra matérialiste de plus en plus dématérialisé, le Musée Transitoire s’intéresse à l’état de flottement que l’ère immatérielle produit dans notre société : un vertige doux et ferme qui nous paralyse parfois et nous plonge dans la passivité. Tout comme Bartleby, le personnage de la nouvelle éponyme d’Herman Melville qui décide du jour au lendemain de ne plus « faire »



 

Romina Shama s’associe à l’artiste sonore Amandine Casadamont pour réaliser le commissariat de cette première exposition sur la passivité et l'espace du temps. Elles présentent une exposition constituée de plasticiens mais aussi d'artistes sonores et d'auteurs dont le travail interroge l’enchevêtrement de différentes réalités et leurs impacts sur notre relation à la matérialité, à l’espace et au temps présent.

 

Le titre de cette première exposition, I would prefer not to, fait écho au personnage de Bartleby. Personnage énigmatique de la nouvelle éponyme d’Herman Melville qui décide du jour au lendemain de ne plus « faire ». Il impose alors une résistance passive à son employeur, notaire ultra-rationnel qui subit cet empêchement sans pouvoir réagir.

 

"I would prefer not to" est une exposition générative. Elle se nourrit des oeuvres qui la composent pour en créer de nouvelles. Les artistes, architectes et auteurs invités composeront des oeuvres dans un espace éphémère évolutif que Romina Shama et Amandine Casadamont qualifient d’«auto-fécond». Le duo, qui utilise une superposition d’éléments invisibles tels que l’espace, le temps et le son comme matériaux dans leurs pratiques respectives, proposent un geste curatorial où l’oeuvre de l’autre introduit une nouvelle grammaire à leur langage.

Les artistes sont invités à concevoir un projet (installations, sculptures, performances, vidéos…) in situ dans l’espace de leur choix des 4000 m2 de territoire à investir.



 

Pendant toute la durée de l’exposition, les commissaires réagiront, s’approprierontet mettront en abîme les oeuvres présentes en les filmant et en capturant leur son. Ainsi, de nouvelles formes naîtront et l’exposition empruntera des chemins inconnus et fertiles, qui élèveront le dialogue.

 

Par ce geste curatorial, Romina Shama propose une manière de concevoir une exposition, où la place de l’artiste et celle du commissaire deviennent interchangeables.