Philippe Mayaux

Philippe Mayaux

Les Fantômes de l’autorité, Le Prêtre, 2014

Porcelaine et MP3 

 

 

Les fantômes se font les haut-parleurs de l'autorité. Ici, le prêtre. Qu’il soit politique, théologique, éducatif ou un simple slogan publicitaire, le discours qu'ils diffusent sort du même moule rhétorique de l'urgence et assène le même ton lancinant et agressif de la ferveur. Bien que leurs bandes son tournent à l'envers, les rendant ainsi vidées de sens, le ressenti d'oppression et de malaise persiste. Inversée, la litanie d'un dictateur reste étrangement une litanie de dictateur. Ce qui pose la question suivante: l'autorité a-t-elle moins besoin du sens que de la forme? En occupant tout l'espace sensible de notre cerveau grâce à la stratégie de la peur, ces fantômes nous empêchent d'y répondre. Car on est toujours effrayé par les esprits.

 

L’oeuvre de Philippe Mayaux est composite, peintures, sculptures, installations, objets mis en vitrines ou photographies, il utilise tous les médiums et puise ses références à toutes les sources.

Ses peintures, essentiellement figuratives, reprennent, citent ou détournent aussi bien les icônes de l’histoire de l’art, que des images de publicité. Il aborde tous les genres : portraits, paysages ou nature mortes, et croise culture savante et populaire. Ses collections de petits objets, jouets ou fragments d’ustensiles mis en scène dans des vitrines sont familiers. Ils renvoient à ces habitudes d’enfance de ramasser des objets par terre, pour en remplir des boîtes. Par de légers glissements, d’infimes déplacements, Philippe Mayaux décale et trouble notre vision de la réalité avec humour.