MINISTÈRE TRANSITOIRE
Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger.
— Hannah Arendt
Dans La condition de l’homme moderne (1958), Hannah Arendt distingue trois formes d’activité humaine :
Le travail, qui répond aux besoins biologiques et assure la survie matérielle.
L’œuvre, qui produit des objets durables et façonne le monde que nous habitons.
L’action, qui relève de la parole collective, fondement du politique et de la liberté.
Le Musée Transitoire active ces trois dimensions à travers la création d’un Ministère, interrogeant la notion de valeur, non seulement économique, mais aussi éthique et politique. L’action devient alors espace de résistance face aux formes insidieuses de totalitarisme contemporain.
La quatrième édition du Musée Transitoire se structure comme une collection de faits divers qui témoignent des tensions actuelles : multiplication des crises politiques et sociales, désinformation et banalisation des discours autoritaires.
À travers ces événements, souvent perçus comme anecdotiques, se dessine un paysage qui accélère une montée progressive des systèmes totalitaires. L’exposition invite à explorer ces tensions et contradictions. Elle pose la question d’un possible épuisement des systèmes en place et d’une reconstruction sur des bases nouvelles, pour redéfinir les relations entre individu•e, collectif et structure.
